La solitude liée à une maladie

La solitude est un sujet qui concerne beaucoup de monde.
Beaucoup de personnes la connaissent pour différentes raisons et de différentes manières.
Je vais vous parler de la solitude que crée une maladie.

Quand on change de case

Quand on nous annonce une maladie, on change subitement de case; d’éducatrice, maman, professeur, fille/fils de, intellectuel, sportif… on passe à MALADE.case-a-cocher-270x230
Cette dénomination a tendance à annihiler toutes les autres.
Vous n’arrêtez pas d’être, éducatrice, maman…. mais d’un seul coup les gens vous voit comme malade avant tout.

Il est souvent dit que quand l’on vit des événements de vie pas très positifs ni faciles à digérer, on reconnaît ses vrais amis à ceux qui sont présents.
Je sais que pour beaucoup de personnes, la maladie a fait le vide autour d’eux.
Ce n’est pas mon cas.
J’ai perdu peu d’amis, peut-être était-ce parce que j’en avais peu et que je n’avais déjà gardé que les meilleures!

Mais je sais que pour beaucoup cela a été difficile ; que dire, comment être ?
Mais malgré ça, et même si on ne se voit pas souvent ils sont toujours là et je les en remercie.

 

La durée

Le problème et j’en avais parlé dans l’article à propos de la maladie c’est la durée, la répétition, la chronicité.

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Mes proches ne savaient peut-être pas quoi dire au début mais que dire après, ce n’est pas plus facile voir même ça devient de plus en plus difficile alors certains ne disent plus rien.

Bien que je sois la première à le déplorer, je ne suis souvent pas une amie fiable.
Combien de plans j’ai annulés, d’événements de vie j’ai manqués ?

Avec le temps, j’ai pris conscience que j’ai beau avoir des amis que j’adore et qui adoucissent ma vie, il n’en reste pas moins que je suis seule.
On est toujours seul face à soi même, face à ses angoisses, la maladie rend ce constat encore plus vrai.

Certain de mes amis sont aussi malades, on parle alors de nos souffrances de notre quotidien comme d’autre parlerait du dernier potin à la mode, où du nouveau film de Ryan Gosling.

 

Parler de ces maux

Pour quoi c’est parfois plus facile avec eux ?nQUand les mots ne suffisent plus à briser la solitude
Parce que les mots ne suffissent pas toujours à s’exprimer.

Je parle souvent de ma maladie que ce soit ici où ailleurs.
Je suis toujours prête à écouter une personne malade (ou non) qui se pose des questions.
Je crois que je suis à même d’expliquer assez clairement tous les symptômes que j’ai vécu ou que je vis encore.

Pourtant, je me sens seule quand ils se présentent à moi ou qu’un nouveau arrive.
Peu de gens m’envoient bouler ou me regardent comme si j’en rajoutais où n’avais pas de raisons de râler et pourtant je n’ai que rarement l’impression qu’ils comprennent.
Et comment pourraient-ils?

 

Et puis même, la solitude resterait

Et même s’ils comprenaient, qu’est ce que cela changerait ?

Peau d'âne et son manteau
Peau d’âne et son manteau


Ma situation n’en serait pas moins celle qu’elle est.

J’aime ma solitude, je m’en suis fait un manteau.
Elle me protège des coups de vents et des orages.
Certains jours ce manteau que j’ai choisi pèse trop lourd comme un habit que l’on aurait oublié d’essorer.

Mais, l’enlever est souvent encore plus compliqué que de le porter.
M’ouvrir aux courants d’air, prendre le risque d’attraper un rhume me semble encore plus insupportable que de rester seule.

 

Un peu seule

Alors oui bien sûr, je m’isole un peu du monde, je loupe des trucs mais je continue à vivre.1018801_1pow65tcoojtq6busux6dubav8ir66_vitavi-020114-151_h025010_l
Dans ma solitude, quand un rayon de soleil extérieur arrive à percer, j’ai conscience qu’il pourrait être doux de le laisser réchauffer un peu ma peau.
Mais est-ce bien raisonnable?

Il pourrait réchauffer ma peau mais le risque d’après me retrouver avec un manteau qui me semblerait encore plus froid et humide est grand.
Parce que, que je le veuille ou non, le manteau que m’a offert la maladie, il ne partira pas et je le retrouverais avec cette impossibilité à expliquer ce qu’il se passe en dessous.

Alors ma solitude des fois, elle me pèse mais en même temps elle me protège.
Je garderais donc mon air un peu sauvage !!

Et je continuerais à rire et à sourire parce que je n’en veux à personne de ne pas voir sous ce manteau bien trop large et je m’efforcerais toujours quand la solitude se cogne à ma douleur de trouver la force en moi.

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