Devenir sportive, tout un chemin

Le chemin parcouru pour arriver à tel ou tel statut ou fonction est souvent invisible.
Englober la totalité d’une situation est déjà compliqué dans sa propre vie alors dans celle du voisin, ou même de ses amis…

 

La vie parfaite des autres

Il y a peu de temps, j’ai regardé une vidéo d’une youtubeuse que j’aime bien: « le corps, la maison, l’esprit ».
Elle revient sur le fait que Youtube est un monde d’apparence.
Ce qui est mis en avant sont les succès, les aboutissements.

On ne voit pas les étapes pour arriver à ces réussites.
Parfois, on ne devine même pas les nombreux échecs qu’il y a eu avant.
En soit, ce n’est pas un problème.
Par contre, l’impression que ça donne à des personnes d’avoir moins de valeur, de ne pas être au niveau est beaucoup plus embêtant.

Je retrouve régulièrement cette problématique quand je parle à des personnes rencontrées lors d’une conférence où je suis intervenu ou me connaissant par ma page Facebook ou ce blog.

La réalité toute nue

Sur ce blog, je parle de tout (ou presque!).
De sujets gênants (problèmes urinaires et comment rire de tout) d’anecdotes comiques (je me suis faite draguer et c’est drôle), de passages à vides ( sclérose en plaques, dépression et tentatives de suicide), de soucis administratifs ( ALD et dossiers administratifs) ….

J’essaie que mes sujets soient intéressants.
Le but est d’informer, de permettre aux gens de se sentir moins seul, de sensibiliser des personnes non concernées par le handicap ou tout autre « différence »…
Mais c’est vrai, je ne parle pas de tout et longtemps, j’ai séparé mon activité de sportive de mon activité de blogueuse.

Ces derniers temps, je me suis mis à les rapprocher en me rendant compte que ce sujet intéressait certain.es d’entre vous.
En participant à des conférences, j’ai aussi appris à être fière de mes statuts de sportive, de sépienne et de blogueuse.

Je ne me cache plus dans le secteur sportif de mon activité de blogueuse et vice versa.
Mes activités d’escrimeuse et de blogueuse sont séparées mais je parle indifféremment des deux.

Un parcours

Mais dans cet article, je veux aller plus loin.
Je veux vous raconter comment je suis devenue sportive » de haut niveau ».
Cela ne c’est évidemment pas fait en un jour.

chat blanc affalé contre un mur avec un bière et une télécommande
La bière en moins quand même!

J’explique souvent en conférence qu’adolescente, j’étais aussi sportive qu’un pied de table.
Je pense que mon professeur de sport de l’école tomberait à la renverse si il savait ce que je fais aujourd’hui !
Il n’y a pas de doutes, rien ne me prédestinait à devenir sportive.

La maladie et le handicap ont modifié radicalement ma vie.
Mais surtout, ils m’ont fait changer d’orbite.
D’une jeune fille passionnée de théâtre et de culture en tout genre je suis passée à une femme passionnée de sport.
De campagnarde invétérée, je suis passée à citadine (j’en parlais là: Doucebarbare à la ville).
Mon objectif ultime de devenir maman s’est estompée pour laisser la place à d’autres (être malade et désir d’enfants).

Un peu de hasard

Pour l’escrime, c’est le hasard qui l’a fait rentrer dans ma vie.
C’est lors d’un forum des associations en Ardèche où je cherchais un cours de danse, que je suis tombée sur le stand aux épées.

sortir de chez moi….

Je ne sais même pas trop ce qui m’a poussé à aller à mon premier cours.
Quand j’ai vu le stand du club, j’ai immédiatement pensé à « La fille de Dartagnan », film que j’adorais.
Mais cela n’aurait pas suffit à me faire franchir le pas.

Alors, est-ce le maître d’arme qui m’a parlé comme si je n’avais aucune spécificité physique?
Est-ce les adhérents qui ont cherché des solutions avant même de me poser des questions sur ce qui m’étais arrivée?
Je n’en sais fichtre rien.

Ce que je sais c’est que ça a été un véritable effort.
Il fallait que je sorte de chez moi.
Je devais voir et parler avec des gens que je connaissais à peine.
En fait, cela me demandait de retourner dans un monde que j’évitais depuis quelques années.
Un univers où j’étais de fait différente puisqu’en fauteuil roulant.

Ré apprivoiser mon corps

Mais j’y suis allée et surtout, j’y suis restée !

J’ai commencé en allant à un cours par semaine.
Il y en avait deux mais je n’osais pas de peur que mon corps ne suive pas.
Il m’arrivait aussi de ne pas y aller pendant de longues périodes quand je ne me sentais pas en état.
Ca a déjà été un long chemin de devoir prendre ma voiture pour parcourir le kilomètre qui me séparait du gymnase.

Je crois que le plus difficile a été d’apprendre à me faire confiance.
Je pouvais faire du sport sans m’écrouler après.
Mon corps pouvait être actif sans que la maladie se réactive immédiatement.
Je pouvais me faire plaisir sans que ça porte à conséquence (négativement parlant).

Je ne sais plus exactement le moment où j’ai accepté de participer à une compétition amicale.
J’étais la seule personne handi et les personnes devaient donc, pour tirer avec moi, se mettre dans un fauteuil roulant.
Je n’étais pas à l’aise.
En même temps, sans fauteuil, j’aurais aussi été intimidé!

Un chemin par étape

Il a encore fallu un long moment avant que j’accepte de participer à une compétition handisport.
Imaginer que je pouvais faire de la compétition et y faire des résultats a été très compliqué.

Je me souviens du jour où j’étais entourée de cinq personnes du club, et où chacun y allait de ses arguments pour me convaincre que je devrais me lancer.
Puis, il y avait Caro.
Faisant elle-même de la compétition, sa parole m’interpellait particulièrement.
Pour autant, ça me semblait tellement sur réaliste que je continuais à penser qu’on me prenait pour une truffe.

Ma peur de la maladie était toujours très présente.
Alors j’en ai parlé aux seules personnes qui pouvaient me rassurer sur ce point où me dire d’arrêter tout de suite.
C’était au centre de rééducation Germaine Revel et je me souviens encore à quel point la médecin a été enthousiaste et m’a dit que si j’en avais envie je devais foncer.

Après vous croyez que tout était joué?
Oh que non, j’avais juste pris la décision de faire de la compétition, de chercher à progresser en endurance et en technique.
Soyons honnête je n’avais pas imaginé un quart des chemins que cette décision m’a fait prendre.
Mais suite au prochain épisode!

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