Aller en centre de rééducation

Edit d’un ancien article remis au goût du jour!

Un centre de rééducation est un microcosme.

On s’y rend souvent parce que l’on n’a pas trop le choix.Aller en centre de rééducation n’est pas toujours plaisant mais souvent, le bénéfice qu’on en retire est supérieur au désagrément que l’on y vit.

Les raisons d’une rééducation

Si votre corps est en parfait état, vous aurez peu de chances de croiser sur votre route un de ces centres spécialisés.
Vous en connaîtrez l’existence sans vraiment savoir ce qui s’y passe: les corps de métiers qui y travaillent, ce qu’on y fait, les rcorrps casséaisons qui poussent à y aller.

Des institutions de soins, ils en existent de toutes sortes : maisons de repos, centres de rééducation, centres de soin pour personnes dépendantes, cures thermales…
Il existe aussi des services de rééducation au sein de certains hôpitaux.

Après toutes formes d’accident, vous pouvez être amené à avoir besoin de travailler les capacités de votre corps.
Des incidents de santé comme les Arrêt Vasculaire Cérébraux (AVC), un syndrome de Gillain Barré peuvent aussi nécessiter une prise en charge adaptée.
Et bien sûr certaines maladies peuvent aussi vous amener à aller dans un de ces centres ou services.

Les corps de métiers

Mais du coup, qui travaille dans ce genre de centre ?
Beaucoup de gens, de beaucoup de métiers différents.
Il y a tout un panel de métiers du médical et du paramédical mais aussi de l’administratif:

  • de nombreux corps de métiersles personnes permettant la prise en charge du quotidien: agents d’entretiens, cuisiniers, serveurs, lingères
  • le personel permettant la prise en charge de personnes dépendantes quelque soit leur besoin d’aide (manger, s’habiller…): infirmières, aides soignantes
  • les agents administratifs : secrétaires, comptables, informaticiens…
  • le corps médical : kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, orthophonistes, médecins, neuro-psychologues….
  • il y a aussi souvent des personnes s’occupant de la personne autour de la rééducation (on n’est pas des bêtes!!): éducateurs sportifs, animateurs, intervenants extérieurs (professeur de yoga, pasteur…)

C’est très varié et en même temps en centre de rééducation, on y est du matin au soir.

On n’y fait pas que des séances de kiné ou des rendez vous médicaux, on y vit tout simplement.

La vie en centre de rééducation

J’ai eu le droit à toutes sortes de remarques quand je disais que je partais en rééducation : « tu vas en colonie de vacances », « tu vas à l’internat» …
Ces remarques, quand on connaît les centres de rééducation et leur fonctionnement sont de vraies inepties.

Mais en fait, si vous n’avez jamaisimage-dico-reeducation côtoyé un de ces centres ou une personne qui y est déjà allée, comment pouvez vous savoir ce qui s’y passe?
Vous ne vous occupez  d’aucunes tâches quotidiennes comme le ménage et la cuisine.

La raison étant que ce genre de séjours étant très fatigant physiquement, nous n’avons plus d’energie pour gérer tout ce qui relève du quotidien.

Le programme varie selon les besoins de chacun, cela alterne  entre des séances de kinésithérapie, d’ergothérapie, parfois de psychologue, d’orthophoniste….
Tout le monde n’arrive pas en centre avec le même niveau d’autonomie.
Et c’est justement l’endroit parfait pour ré apprendre tous ces gestes avec les capacités (et incapacités) qui sont devenues les nôtres et de simples actions comme s’habiller peuvent prendre un lonnnnng moment.

Les autres

Bien sûr, il y a aussi des moments de détente de partage avec les autres patients.
Des fois ça fait du bien, des fois c’est difficile.

l'amitié en centre de rééducationPouvoir parler avec des personnes qui vivent des difficultés similaires aux vôtres est enrichissant et rassurant.
En même temps, voir le handicap des autres peut faire peur.

On ne peut s’empêcher de voir ce que l’autre peut faire et pas nous.

On se projette vers ce qui peut-etre un jour sera notre handicap.

Biensûr, cette comparaison est inutile et on se rend assez vite compte que c’est une source de stress supplementaire.
En rééducation, on y va pour soi et il peut être necessaire d’ignorer ce qui ne nous est pas bénéfique. 

On crée aussi des relations qui ont alors une connotation particulière.
Nos conversations sont souvent assez comiques vu de l’extérieur (allez lire , vous comprendrez!) et on se permet un humour qu’y ferait hurler la moitié des personnes valides mais qui fait du bien!!!

Vous connaissez un peu mieux maintenant l’univers de la rééducation mais soyez honnêtes, vous avez encore quelques difficultés à vous imaginer ce que c’est au quotidien et puis diable, à quoi peut bien ressembler une séance d’ergothérapie ?
Alors, rendez-vous la semaine prochaine!
Je vous en dirais un peu plus et je partirais bien sûr de mon vécu de fille sclérosée.

6 commentaires sur “Aller en centre de rééducation

  1. Le(s) centre(s) de rééducation, ça a été deux ans de ma vie du coup. Tant de choses à en dire ! C’est grâce à tout ça que je suis passée d’un état pitoyable à une autonomie complète. Et je sais que je ne suis pas la seule. S’ajoute à cela tellement de rencontres incroyables (et durables !), une autre école de la vie en somme ! 😀

  2. Bonjour, j’ai aussi connu ces centres d’abord pour aller voir des ami(e)s et à titre personnel: 2 séjours dans le même centre (20 mois au total)!
    Le chirurgien m’y a envoyé sans que je sache où j’allais atterrir mais l’idée d’aller à la campagne loin du bruit et de la pollution avait un petit air de vacances, surtout que je n’avais jamais fréquenté les colos.
    J’ai apprécié le professionnalisme de chacun(e), rencontré des patients souffrant d’autres pathologies, pas tous amputés comme moi, certains plaisants à côtoyer, d’autres à fuir et, par chance pour la découverte d’autrui, ce centre accueillait aussi des gens victimes d’accidents du travail venant se recycler pour un nouveau métier.
    Donc tout un panel de 25 à 90 ans voire plus et des rencontres mémorables d’autant que j’y restais aussi le week end vu l’éloignement de mon domicile et l’impossibilité de vivre seul ne serait ce qu’une journée, surtout la seconde fois sans pied.
    De cette enrichissante expérience m’est venue l’idée et l’envie d’en faire une BD si je retrouve un ami d’enfance dessinateur de talent…
    Elle serait un peu dans ce style, étant ancien motard:
    http://joebarteam.ventsdouest.com/

  3. Hormis le dessin industriel, je ne suis pas du tout doué pour le dessin mais je ne désespère pas de trouver le ou la complice !
    J’ai tellement vu de cas, rien que sur le maniement des fauteuils:
    – les manuels du centre trop lourds pour la plupart des patients, surtout avec les palettes spéciales pour garder la jambe tendue (idéal pour l’ascenseur)
    – les électriques qui tournaient en rond car un des moteurs ou roulement de roue était défaillant.
    – les imprudents ou myopes qui coinçaient la roue du fauteuil dans une grille.
    – l’amputé audacieux qui pars seul jouer à la pétanque et dont la prothèse casse > sur les fesses en attendant du secours un Dimanche matin…etc
    J’ai parfois trouvé le temps long mais je me suis globalement bien amusé dans ce microcosme qu’est le centre de réadaptation, endroit propice aux études sociologiques.
    Certains jours de nostalgie, j’ai presque envie d’y retourner passer une semaine pour jouer les anciens combattants mais modeste quand même car je n’ai pas oublié mes débuts là bas.

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