Travailler avec une santé précaire

Quand j’étais petite, ma maman me disait « faire et défaire c’est toujours travailler ».
J’en ai déduit que travailler, se faire licencier pour raison de santé, retravailler, se refaire licencier, retravailler et ainsi de suite c’était toujours travailler!

Avancer et reculer

Depuis j’ai grandi.
J’ai souvent utilisé cette phrase mais en l’adaptant à ma sauce.baby-footprints-beach-300x300
J’ai dit récemment dans un témoignage pour le site « My victories » qu’il fallait avancer et que même si on tombait on aurait quand même avancé.
On avance jamais en ligne droite.
Parfois on doit recommencer des dizaines de fois la même chose avant qu’elle devienne valable.

La maladie, si je n’avais pas intégré assez profondément cet adage, me l’a fait vivre de l’intérieur.
La sclérose en plaques est la parfaite illustration de faire et défaire c’est toujours travailler.
Dit à ma sauce ça donne, avancer et tomber c’est toujours avancer.

 

La maladie

fern-340854_640Comme je vous l’ai déjà expliqué plusieurs fois, je vis dans une perpétuelle incertitude.
Je passe mon temps à réapprendre ce que je savais faire hier.

J’ai réappris à marcher de nombreuses fois depuis qu’Elle est arrivée dans ma vie.
Me déplacer différemment est devenu un de mes talents!
Je tape sur mon clavier comme une débutante après chaque poussée.
Mon corps a besoin d’un petit cours de rattrapage pour se lever le matin après chaque poussée.

Ça paraît un peu triste ou plaintif mais ce n’est qu’une apparence.
En fait j’avance, même si je dois souvent recommencer dix fois les mêmes choses et m’adapter encore et toujours.

 

Travailler

Je crois que vous connaissez un peu de mon parcours professionnel. Travailler pour se sentir utile ou vivre tout simplement
Lui aussi, il est en dent de scie, en rupture et rebond.

J’ai été éducatrice de jeunes enfants, chargée de communication, médiatrice familiale…
J’ai été licencié pour inaptitude à plusieurs reprises.

A chaque fois, je le vivais comme un échec (logique, non!).
Je passais un temps plus ou moins long à éviter de sortir dans ce monde trop violent, de me confronter aux gens devant qui j’avais la sensation de n’être rien.
Mais je finissais toujours par chercher à nouveau ce que je pourrais faire, comment je pourrais me sentir utile.

Puis, j’ai fini par travailler sur moi, par comprendre pourquoi ne pas travailler me donnait cette sensation de néant.
J’ai compris que le travail n’est pas ce qui nous définit.

Le changement

Ne pas travailler au sens conventionnel n'est pas lézarder!
Ne pas travailler, non ce n’est pas ça!

Mon dernier « échec » de cet ordre est ma formation de médiatrice familiale.
Mais cette fois, j’ai pu prendre le temps avant de jeter l’éponge.

J’en ai parlé avec le corps médical, mes proches.
Je l’ai vécu moins violemment que les autres fois peut être parce que entre temps, j’avais trouvé l’escrime.

Quoi qu’il en soit, j’avais décidé de ne plus me prendre la tête et de ne plus chercher un travail qui à chaque fois me renvoyait à mes démons.
Je ne me suis pas tourné les pouces pour autant et ce blog en est une illustration.

Pourtant, je sentais toujours un malaise quand je disais aux gens que je ne travaillais plus.
Certains me demandaient pourquoi, d’autres me disaient que je pouvais essayer un autre métier.
Quoi qu’il en soit, je devais toujours expliquer pourquoi j’en étais là, voire même argumenter.

 

Travailler autrement

Les gens qui me connaissent m’ont souvent dit que je faisais en réalité plus de choses que beaucoup de personnes dites actives.traviller autrement
Oui mais en France, le bénévolat n’est pas reconnue.
Pourtant c’est une forme de travail et d’engagement très fort et j’en parlais, .

J’avais trouvé un certain équilibre partageant ma vie entre escrime, recherche de sponsors, bénévolat, écriture, blog et projet avec Novartis.
Bon par contre, je reconnais que ça nourrissait pas forcément son homme!

Sauf que ce qui m’aurait paru inconcevable il y a quelques années est devenue tout à fait possible : vivre avec des moyens financiers très réduits.
Bien sûr, ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille.
Mais même avec de l’argent, on rencontre les mêmes difficultés parce qu’on a toujours envie et on croit toujours avoir besoin de choses qu’on ne peut pas s’offrir.

 

Je ressaute

Mais des fois la vie tourne de manière complètement imprévue.
Maintenant, en plus d’écrire et de faire du sport à haute dose, je vais travailler!

Summer day on the French Riviera

Oui, je ressaute à nouveau dans le monde des actifs.
Je ne cherchais plus, n’imaginais même pas que ce soit possible et pourtant me voilà à la veille (ou presque) de signer normalement un contrat de travail.
Ce qui a de l’importance pour moi reste inchangé.
Je continuerais l’escrime et ça restera ma motivation première mais je m’engage dans un nouveau projet qui va au-delà d’un simple emploi.

Ça va changer des choses, c’est sûre.
La première est que je n’écris plus pour Cover dressing et que je vais peut-être être moins assidu à ce blog.
Je ne vous oublierais pas mais je ne garantis plus de pouvoir vous offrir un article par semaine.

Et juste parce que je sens que certain vont avoir envie de dire que je suis courageuse de me lancer encore, allez visionner cette vidéo.
Elle explique très bien ce que je m’évertue si souvent à dire.

4 réflexions au sujet de “Travailler avec une santé précaire”

  1. Bonjour,
    J’aime bien ton blog et tes articles. Ils sortent droit de ton esprit. Comme on dit à chaque début : m**** pour ce job!
    Bises

    Répondre
    • Merci Filiz, contente que le blog te plaise. N’hésites pas à revenir où même mieux à t’inscrire pour recevoir toues les articles dans ta boite mail! 😉

      Répondre
  2. bravo bravo à toi pour ce contrat! J’espère m’y remettre un jour moi aussi. C’est un besoin, une reconnaissance, une manière d’exister différemment. Je te souhaite de te trouver pleinement dans ta nouvelle activité.
    Enjoy!

    Répondre

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