Sensible voire sentimentaliste?

 

Il y a peu, une interrogation a commencé à poindre dans les limbes de mon cerveau.
Ne deviendrais-je pas sensible avec le temps qui avance, sensible voire même un brin sentimentaliste ?

Déformation professionnelle

Je ne pense pas avoir été à un moment de ma vie insensible, indifférente aux douleurs d’autrui, incapable d’empathie.pas de sensibilité surtout!!
Par contre, mes métiers d’éducatrice de jeunes enfants et médiatrice familiale m’ont amenée naturellement à prendre une certaine distance avec ce que j’entendais, ce que je ressentais de la part des personnes en face de moi.
Pour autant, je n’ai jamais été partisane du «ne pas s’attacher aux personnes que l’on aide, garder une distance pour que chacun reste à sa place » et ce que ce soit avec des enfants, des adolescents ou des adultes.

Il y avait une forme d’attachement, mais une certaine distance aussi, nécessaire à mon équilibre.
J’aimais les enfants dont je m’occupais au quotidien en maison d’enfants pour autant, je n’étais pas malheureuse quand ils partaient.
Je crois que sans m’en rendre compte, j’ai adopté cette attitude dans ma vie personnelle: une écoute attentive et concernée mais avec une mise à distance.

 

Qu’est ce qui a changé ?

Je ne travaille plus comme éducatrice ou médiatrice depuis un bon moment mais j’aime être une oreille attentive pour qui en a besoin (quand je suis en capacité de le faire ce qui n’est plus toujours le cas et je vous l’expliquais il n’y a pas longtemps,).
Mais bizarrement, ce qui ne m’atteignait pas auparavant me touche profondément.
J’ai mis longtemps à comprendre cet état de fait et pourtant, je dormais mal, je faisais des cauchemars.
Je n’avais plus ce filtreécouter attentivement qui me permettait de rester à distance des histoires les plus dures tout en les entendant avec la plus grande attention.

Pareillement, les films, qui avant ne me faisaient pleurer que lorsque j’étais sous cortisone (je vous en parlais ), ont une grande tendance à rendre humide mes yeux.
Non, je ne pleure pas juste un peu !
Les films me touchent parce qu’il font tressaillir une corde dans mon âme mais reconnaissons-le, aujourd’hui mes cordes sont assez faciles à faire tressaillir !

J’ai souvent entendue parler d’hypersensibilité mais je ne m’étais jamais sentie concernée et surtout ça restait pour moi un mot, une case.
Je ne sais pas si j’en relève et cela m’est égale mais si le thème vous interpelle vous pouvez faire un test (qui a l’air assez sérieux) ou lire .

 

Sensible ou sentimentaliste

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Image tiré d’un spectacle vivant; http://excit-oeil.over-blog.com/contact

C’est peut être tout simplement le signe que je commence à amincir le mur que j’avais construit autour de moi,  que je ne vis plus dans mon arbre en regardant tout de loin.
Je suis peut-être en capacité aujourd’hui de ne pas me désagréger, si je laisse rentrer un peu d’air dans mon univers, quitte à ce que ce soit de l’air vicié, brulant ou glacial.

Mais je me demande quand même vraiment où se trouve la limite entre sensibilité et sentimentalime.
Juste pour que vous compreniez, deux petites définitions issues du Larousse :

sensible:

  • Qui est, qui peut être perçu par les sens
  • Qui est apte à éprouver des perceptions, des sensations
  • Qui est très facilement affecté par la moindre action ou agression extérieure
  • Se dit d’une partie du corps que l’on ressent, qui est plus ou moins douloureuse
  • Qui éprouve facilement des émotions, des sentiments, notamment de pitié, de compassion
  • Qui est particulièrement accessible à certaines impressions d’ordre intellectuel, moral, esthétique ; réceptif

sentimentalisme :
Attitude de quelqu’un qui se laisse guider par une sensibilité exacerbée.

 

Pour l’instant, j’ai l’impression récurrente d’avoir basculé du côté obscur, du côté trop !

 

Essayons de comprendre

Je pense qu’être sensible n’est pas un défaut et contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, cela peut même être une richesse et surtout ma sensibilité fait partie de moi comme ses poils appartiennent à mon chat.
Mais cette impression d’être plus proche du sentimentalisme que je ne voudrais, me pousse à me poser quelques questions.
Cela vous paraît peut-être bien anodin et pourtant pour moi, c’est un vrai chamboulement, un changement de mes perceptions que j’ai besoin d’apprivoiser.

Quand la sensibilité est lourde à porterPendant un temps, je me suis dit que c’était à cause des traitements que je devenais si sensible.
C’est le cas SAUF que la cortisone je n’en ai pas tout le temps, donc ce n’est pas uniquement ça.

Le temps qui passe ?
Devenons nous plus sensible au fil du temps ?
Est-ce que les expériences que nous vivons nous rendent plus sensible aux autres, aux évènements?
C’est une bonne question et je n’ai même pas un début de réponse!

Puis il y a peu, j’ai participé à un évènement Facebook organisé par Novartis (qui m’avait conduit à Barcelone) sur le thème SEP et émotions.
Je l’avais oublié ou jamais su, mais la SEP a une influence psychologique mais aussi physiologique sur nos émotions.
Rendez-vous la semaine prochaine (si tout va bien) pour un article dédié à ce thème.

Alors oui, j’ai changé, je m’en rends compte, je ne me suis pas encore très bien apprivoisée mais j’y travaille.
Et vous, vous pensez vous sensible voir sentimentaliste?

2 réflexions au sujet de “Sensible voire sentimentaliste?”

  1. Hello !
    Je n’avais pas eu le temps de lire ton article encore… J’ai juste envie de te dire Bienvenue au club ! lol
    Perso j’ai toujours été sensible, peut-être trop, mais j’ai toujours considéré qu’au delà des effets parfois un peu gênants (une émotion qui monte trop vite en public par exemple), c’était plutôt une force !
    Par contre, depuis que j’ai la SEP, comme pour un peu toutes les émotions, c’est exacerbé. Je me dis souvent que c’est en lien étroit avec notre fatigue… plus elle est intense, plus je suis hyper-sensible dans le positif comme dans le négatif.
    Sentimentaliste a une connotation un peu négative pour moi, donc je préfère dire que je suis sensible ou hyper-sensible. C’est difficile à apprivoiser je trouve… mais moi aussi j’essaie !
    a très vite
    A.

    Répondre
    • apprivoisons alors!!
      Et oui avec la SEP, les émotions sont exacerbé par la fatigue mais pas uniquement, j’en parlais dans l’article de ce matin.
      Merci de ton comm en tout cas.

      Répondre

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