Ni pauvre ni soumis: un revenu d’existence

Ni pauvre, ni soumis; un revenus d'existence

Peut-être certains d’entre vous ont déjà entendu le slogan « ni pauvre ni soumis ». Il s’agit aussi du nom du mouvement multi-associatif lancé en janvier 2007. Il mène des actions locales et nationales avec une revendication forte : un revenu d’existence décent pour les personnes porteuses de handicap ou de maladies invalidantes.

Ce mouvement organise régulièrement des manifestations pour informer les gens et faire valoir leur message que ce soit à Paris, à Lyon ou d’autres villes de France.

Que gagnent les personnes handicapées ?

Il faut savoir que dans le terme de personnes handicapées, sont concernées ici les personnes atteintes de handicaps moteurs, sensoriels, intellectuels, psychiques ainsi que les personnes atteintes de maladies invalidantes. Bien sûr chaque handicap et chaque maladie étant différente, il y a des personnes atteintes de sclérose en plaque, des personnes handicapées motrices, des personnes malvoyantes… qui travaillent à mi-temps ou plein temps ce qui pose alors d’autres problèmes d’intégration, de reconnaissance de leur handicap ou maladie ce qui est assez bien expliqué iciIl ne faut juste pas croire que travailler dépend de leur simple volonté.
Mais, du coup, quels sont leurs moyens de subsistance lorsqu’elles ne sont plus ou pas en mesure de travailler même quelques heures ? Dans ces cas-là rappelons que c’est la médecine du travail qui déclare l’inaptitude après examen médical. Non non ce n’est pas une loterie, vous ne pouvez pas jouer pour ne plus aller travailler demain. handicap, maladie invalidante: l'urgence d'un revenu d'existence

Si les personnes ont travaillé avant d’être déclarées inaptes (et qu’elles ont donc cotisé), elles touchent une pension d’invalidité. Celle-ci a différents taux selon si la personne peut encore travailler quelques heures par semaine (à mi-temps par exemple) ou pas du tout. Pour ma part, je suis dans la deuxième catégorie qui signifie que je ne peux pas travailler. Légalement, je pourrais quand même travailler quelques heures mais bien sûr ma pension d’invalidité diminuerait en conséquence.
La pension d’invalidité est versée par la sécurité sociale. Le calcul du montant correspond à 50 % de votre salaire de référence calculé selon la moyenne de vos rémunérations de vos dix meilleures années (calcul exact).

Lorsque les personnes n’ont jamais travaillé, ce qui est le cas notamment pour des personnes malades ou handicapées de naissance ou dont la maladie s’est déclarée avant la fin des études, elles touchent l’AAH : Allocation Adulte Handicapé.
Celle-ci est versée par la Caisse d’Allocation Familiale.
Le calcul de son montant est on ne peut plus obscur ce qu’illustre très bien ce jeune ingénieur en situation de handicap Kevin Pelasino qui est arrivé à faire la démonstration du calcul à l’appui des textes de lois.
Ce qui est sûr c’est qu’il s’agit d’une allocation qui se calcule par rapport à votre situation familiale et vos revenus. Cela signifie qu’elle est très différente que vous viviez seule ou en couple et que vous pouvez la perdre dès que vous vous installez à deux. Vous verrez un peu plus loin « j’ai testé pour vous ».
Le montant maximum de cette allocation pour une personne célibataire est au 1er janvier 2015 de 800,45 euros.
Bien sûr après peuvent se rajouter une allocation logement ainsi que pour les revenus les plus bas un petit complément d’une centaine d’euros.

Pourquoi, pauvre ?

bulle Titeuf avec un enfant porteur de handicapEn 2014 le seuil de pauvreté était fixé à 993 euros par mois, l’AAH était de 800 euros et le SMIC à 1128.70 euros.
Pas besoin d’être agrégé en mathématiques pour comprendre que les personnes bénéficiant de l’AAH ou de l’invalidité (le montant est souvent assez proche excepté les personnes ayant eu un salaire très élevé avant leur invalidité) sont donc en dessous du SMIC et du seuil de pauvreté. Cet article de la revue numérique handicap.fr en parle très bien et explique également que ce montant est rarement et trop peu augmenté pour devenir décent.
Cet autre article parle en 2012 d’un quart des personnes vivant (environ 2 millions bénéficiaires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité) en dessous du seuil de pauvreté, qui le seraient à cause de leur handicap.
D’autre part, il est important de noter, que pour une bonne partie des personnes en invalidité ou touchant l’AAH, il n’existe aucune perspective d’évolution de leurs ressources. Beaucoup ne peuvent et ne pourront pas travailler.
Le communiqué de presse du mouvement en 2008 explique très bien la double appellation « pauvre et soumis ». Certains parlent de double peine, je n’aime pas cette expression mais il est vrai qu’être handicapé n’est pas toujours super et surtout c’est un statut qu’on ne choisit pas et y rajouter ne pas pouvoir faire de projets, ne pas pouvoir être autonome par manque d’argent ça commence à faire beaucoup.

Pour 2015, les sénateurs font une proposition de loi pour revoir les minima sociaux des personnes âgées ou handicapées. Elle reste à analyser pour voir ce qu’elle apporterait et voir bien sûr ce qui va en sortir réellement.

Pourquoi se révolter ?

Il y a de nombreux sujets de société qui me révoltent comme tout un chacun mais on ne peut pas passer son temps à manifester, à donner de l’argent, à s’engager pour telle ou telle cause.poings levés
Certainement que mon intérêt pour ce mouvement est assez égoïste ; disons que j’ai peut-être mieux compris la revendication de ce mouvement parce qu’elle me concerne un peu. Étant bénévole à l’APF j’ai côtoyé beaucoup de personnes dont certaines sont devenues des amies dont la vie était clairement amputée de certains droits juste par cet état de fait.
Certains restent vivre chez leurs parents parce qu’ils n’auraient pas assez pour subvenir à leurs besoins en étant autonome (et je ne parle pas de jeunes de vingt ans).
Une amie vivant de l’AAH qui rêve de s’installer avec son ami depuis plusieurs années ne le fait pas parce qu’à partir de ce jour là son allocation diminuera et elle n’aura plus aucun fond propre.
Ce revenu très bas et qui diminue d’autant si on vit en couple cantonne les gens dans une case qui n’a rien de reluisant et n’aide pas à l’autonomie au contraire des jolis mots qu’on entend qui prônent l’autonomie des personnes en situation de handicap. Elle est aussi vecteur d’isolement ce qu’image très bien la campagne de don de l’APF : campagne de l’APF.

Aujourd’hui, j’ai joué à « j’ai testé pour vous le revenu minimum qui n’a plus rien de minimum lorsque l’on se met en couple ». Plus clairement en déclarant notre vie en couple, j’ai perdu une allocation très importante qui me fait redescendre au revenu qui sera désormais le mien et qui se constitue uniquement de l’invalidité. Je sais aujourd’hui que notre confort financier, nos projets de vie dépendent entièrement de mon chéri.
Et puis, après tout, notre conjoint il est bien là pour nous apporter de quoi manger, allez mon chéri va chasser ! Moi faire popote et ménage. Ah, mais non je suis handicapée, je peux même pas assumer ça seule.
Dit comme ça ce n’est certes pas politiquement correct mais c’est de cette manière que je le vis.
Je ne suis pas sans rien, car j’ai la chance d’avoir mon invalidité et non l’AAH qui elle ne peut être annexé aux revenus du ménage, mais il n’empêche que quand je demande à mon ami en rigolant « tu me donneras de l’argent de poche ? » ça exprime assez bien ce que je ressens. Je vais dépendre entièrement de lui pour de nombreuses choses et ça ce n’est ni agréable, ni choisi et ça ne changera pas sauf si je gagne au loto.

Bien sûr, il existe en France beaucoup de personnes qui vivent avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté, beaucoup de personnes qui dépendent de leur conjoint suite à des choix de vie ou un coup du sort. Je ne dis pas que l’État doit subvenir aux moyens de tous, ni se mettre à planter des graines espérant qu’il en pousse des arbres à argent, je parle juste de ce que je connais : un problème qui concerne une part non négligeable de la population et qui je pense est souvent méconnu.
Il rajoute juste une pierre à la besace que je porte tous les jours et je peux vous dire que cette pierre là je la trouve très lourde.

À lire aussi dans « les aléas de la vie en société d’une personne porteuse de handicap » : Taxe d’habitation et invalidité.

Edit : Après un commentaire et l’écoute de l’émission service public de France inter, quelques précisions. Cet article n’a rien de politique et je parle de ce que je connais sans oublier que quelque soit le minima social que l’on touche (RSA, minimum vieillesse, AAH), le montant correspondant au seuil de pauvreté est un horizon inatteignable. Mais au-delà de chiffres qui comme toujours sont un peu réducteurs, ce qui est important dans ce seuil de pauvreté est la manière dont les gens ressentent leur situation. Il y a une notion de futur, de projection qui est très importante. Avec cette baisse de ressources, c’est cela qui chez moi a pris un bon coup dans les oreilles. Je suis chanceuse, je ne suis pas seule. Pour une personne handicapée seule, la projection est impossible parce qu’elle sait simplement qu’elle est pauvre et qu’elle sera pauvre. Rien ne sert d’imaginer de jolies vacances, d’améliorer son habitat, de penser à économiser pour les études de ses enfants. C’est cette chape de béton posée sur la tête qui est dure à vivre et quelle qu’en soit la raison à n’en pas douter  Et quand on est en couple, ce n’est pas plus facile parce que vous savez que vous êtes et resterez celle qui ne peut pas prétendre à une autonomie financière à un épanouissement professionnel. Et pourtant qu’est-ce que la femme s’est battue et se bat encore pour avoir droit à cette autonomie. Alors oui je me sens décalée parce que je ne peux même pas me battre sur ce registre alors qu’en bonne ado, fille de parents soixante-huitards, de mère concernée par les droits de la femme, ça me semblait évidemment et je n’imaginais même pas dépendre un jour, à vie de mon homme.

24 commentaires sur “Ni pauvre ni soumis: un revenu d’existence

  1. quelques inexactitudes mais il faut dire que le sujet est très complexe avec plein de cas particuliers
    en tout une illustration du vécu d’une personne titulaire de l’AAH qui a ausis droit au bonheur à la vie à 2 mais quise retrouve encore en situation de dépendance supplémentaire sans l’avoir choisi
    et dans le même temps les couples valides, eux, ont intérêt à être en couple : leur imposition commune étant beaucoup moins lourde : cherchez l’erreur !

    1. N’hésitez pas à me dire les inexactitudes, je corrigerais. je me suis beaucoup documentée renseignée auprès de personnes très au courant du droit, mais comme vous dites, c’est compliqué donc s’il ya des erreurs je m’en excuse. Après cela reste avant tout une information pour le commun des mortels et un ressenti d’une situation que je vis.

  2. C’est un faux débat dans le paradigme social actuel. Si on remonte l’aah au niveau du seuil de pauvreté (ou au dessus), alors
    1) le seuil de pauvreté remontera mécaniquement (puisque calculé en fonction du salaire moyen)
    2) les personnes aux revenus inférieurs (chômeurs, rsa, précaires, autres) se sentiront encore plus exclus et demanderont à leur tour une hausse importante.

    Il s’agit à chaque fois inconsciemment de ne pas être le dernier parmi les exclus. Je ne cautionne pas ces inégalités, mais c’est le système global qu’il faut changer plutôt que de demander une revalorisation du montant.

    Les mouvements évoqués se sont ils déjà intéressés au concept de revenu de base ?

    1. Je vous remercie de votre commentaire et je suis d’accord que c’est le système entier qui est à revoir.
      Qu’appelez vous le revenus de base?
      Cet article n’avait aucune visée politique ou autres car on est tous d’accord pour dire que les inégalités ne sont pas réservées aux personnes porteuses de handicap. J’ai avant tout parlé à titre informatif et d’un ressenti personnel qui fait que dans une société où la valeur travail est placé au dessus de tout, où que l’on veuille ou non la consommation est partout, ou on parle d’autonomie des personnes je me sens moins que rien.

      1. Je parle notamment de ça (ce site recense l’actualité sur le concept et apporte des explications détaillées)

        http://revenudebase.info/

        Il s’agit d’accorder un revenu à une personne de sa naissance à sa mort sans condition. Ce revenu peut varier selon l’âge (enfance ou adulte) et n’empêche pas de travailler, mais serait versé à tous les citoyens d’un pays sans distinction.

        Sur le plan personnel, il est clair qu’un handicapé ne peut pas vraiment s’intégrer dans la société de consommation. C’est par contrainte qu’il est obligé d’adhérer à la frugalité chère aux décroissants et écologistes. Sans le culte de la valeur travail et de la consommation comme acte intégrateur, tout irait beaucoup mieux.

        1. J’aime beaucoup ce principe qui à l’air de recouper beaucoup de mes valeurs qui ne s’arrête pas au handicap et heureusement!
          Quand à la valeur travail et consommation, c’est clair mais bon même s’il faudrait sûrement je ne cherche pas à refaire le monde juste à « montrer ce qu’on ne voit pas où qu’on ne sait pas perdu dans notre quotidien ».

  3. En Belgique, les allocations pour personnes handicapées sont plus importantes : c’est un complément de salaire si la personne travaille, elles remplacent un salaire correct si elle ne travaille pas. (Je me base sur les explications d’un ami aveugle). Le plus compliqué est de faire reconnaître le handicap, car elles sont inversement proportionnelles au degré d’autonomie (pour avoir l’équivalent du salaire, il faut faire valoir que travailler n’est pas possible).
    Par contre, il y a le même phénomène de diminution si la personne est cohabitante (que ce soit en couple, avec un ami, un membre de la famille). Parfois les gens contournent la situation (adresse ailleurs…). Ce phénomène concerne aussi les allocations de chômage, et l’équivalent du RSA.
    Comme nalaf, moi je suis plutôt partante pour un salaire universel (peu importe le nom qu’on lui donne) – j’ai cru que tu parlerais de ça quand j’ai vu le titre! ça simplifierait tellement de choses ! tu imagines ? plus aucune démarche compliquée quelle que soit la raison d’un arrêt de travail – handicap, maladie, vieillesse, accouchement, enfant malade, etc. etc. Et surtout, un travail libéré, plus probablement coopératif et non nocif (parce que bon, si on n’est pas obligé de travailler pour survivre, on va pas choisir des tâches nocives ou pénibles, ou bien beaucoup moins d’heures/semaines)… par répercussion, il y aurait aussi moins de biens de consommation futiles, on ferait des objets plus utiles, plus durables.

    1. Je ne connaissais pas ce principe mais je suis d’accord que c’est très intéressant. Ce qui est souvent dommage et que du coup on ne retrouve pas avec cette idée, c’est la différence liée à la couche de la société dans laquelle on est. Ni pauvre ni soumis peut s’adresser aussi aux sans papiers, aux chômeurs…. Je pense que ce qui différencie pour eux les personnes handicapée c’est l’idée que quoi qu ‘elles fassent elles ne pourront changer la situation (cherche un autre poste, travailler…). Après je ne sais pas comment ça pourrait être mis en place. N’ayant pas suffisamment de connaissances et n’étant pas particulièrement branché politique, je parle surtout de ce que je connais de ce que je vis. Cela permet à mon sens d’informer les gens des choses auxquelles il ne pensent même pas et de susciter des débats et des réflexions comme celle là! Merci d’être venu me lire, ça me fait plaisir!

        1. Noooooooooooooooon, pas Friot ! D’ailleurs Friot ne s’intéresse pas aux handicapés, puisqu’ils ne travaillent pas.

          1. ah au temps pour moi, je n’avais pas compris cela dans son discours. D’ailleurs, est-ce que vraiment les handicapés ne travaillent pas ? si on sort de la vision du travail=emploi, probablement que beaucoup de handicapés travaillent… certains transmettent des savoirs, certains ont des savoir-faire, etc. ça m’intéresserait d’en discuter davantage mais peut-être par mail ?

  4. Friot défend le principe d’un salaire à vie basé sur les qualifications des personnes. La richesse produite est partagée entre les travailleurs en fonction de leur niveau de qualification. Du coup, il n’envisage pas vraiment le cas de ceux qui ne travaillent pas (mais je reconnais que ça peut facilement être ajouté à son travail), tandis que le revenu de base est fondamentalement versé à tous qu’ils travaillent ou non.

    1. Intéressant votre discussion.
      Dame andine quelle est alors ta définition du travail?
      Ce que je reproche souvent à la société et aux gens c’est justement que la valeur travail/emploi est placé au dessus de tout y compris des compétences de chacun et qui elles ne sont pas forcément monnayables.
      Je n’ai pas d’emploi et pourtant je fais des tas de choses donc le fait que je ne travaille pas au sens que la société veut ne remet absolument pas en cause mes capacités en tant que personne, c’est certain mais de loin pas si facile à admettre pour beaucoup.
      De ce que tu dis Nalaf, effectivement j’adhèrerais moins au discours de Friot mais j’irais voir par moi même. Et autre point il se base sur le qualifications mais alors comment se calcule t’elle? Et des personnes mais alors des personnes qui ne peuvent fournir que très peu de travail (personnes très lourdement handicapées par exemple) ne rentreraient pas dans ce principe? Je vais regarder ça de plus prêt.

      1. Je suis partagée sur la question du salaire proportionnel à la qualification. D’une part je trouve légitime de valoriser l’acquisition de compétence (mais dans tous les domaines ! autrement dit un menuisier hyper qualifié doit être valorisé au même titre qu’un chirurgien). Mais d’autre part, tout le monde à les mêmes besoins, donc pourquoi distinguer le salaire. Pourquoi pas choisir plutôt de rémunérer les périodes d’acquisition de compétence ? bref, je suis perplexe…
        Je ne suis pas spécialiste de Friot… pour me situer par rapport à cette question, j’avais entendu parler de l’allocation universelle quand j’étais ado, j’ai trouvé ça génial, mais le minuscule parti qui avait lancé cette idée est vite tombé dans l’oubli. J’ai rangé cette idée avec mes doux rêves utopiques. Donc j’ai été épatée de tomber sur Friot dans « Ce soir ou jamais » qui défendait une idée proche de cette démarche. Cela dit, à partir du moment où il prend l’exemple de « faire du café à ses amis » n’est pas rémunéré tandis que « faire du café dans un café » l’est, or c’est du travail dans les deux cas, je comprends qu’il prend une définition très large du travail, et qu’un parent au foyer, par exemple, est bien considéré comme travailleur. L’exemple très récent d’une amie me vient à l’esprit. Depuis qu’elle a son bébé, elle ne trouve plus le temps de repasser et va donc payer quelqu’un pour le faire. Si elle repasse ce n’est pas du « « « travail » » », si quelqu’un le fait pour elle, c’en est. C’est absurde. Dans l’idée de salaire universel, tout travail est considéré comme tel (y compris s’occuper des ses enfants, faire son potager, etc.), même s’il n’est pas lié à un emploi rémunéré. Du coup, la plupart des handicapés travaillent. Et donc précisément, Douce barbare, tu fais plein de choses, tu as des capacités, et tout le monde en a ! Du coup, pour moi, le travail, dans une vision positive, et non au sens actuel, ce serait toute action qui contribue à sa propre vie et à celle des autres, faire son potager, garder ces petits enfants, faire les courses de sa grand-mère, transmettre un savoir, etc. Et bien sûr que toute personne handicapée peut contribuer, selon ses capacités et limites propres (comme tout le monde d’ailleurs.)
        Nalaf, si tu as des suggestions de lectures, je suis preneuse. Connais-tu Baptiste Mylondo ? si oui, qu’en penses-tu ? je l’avais aussi vu dans CSOJ mais il n’a pas parlé longtemps. J’avais accroché au fait qu’il était à la fois pour un revenu universel et pour la décroissance. Il faudrait que j’aille le lire ;-).

        1. On serait alors payer pour vivre? du coup quel utilité de l’argent? Après je trouve ça intéressant mais ça me semble effectivement utopiste dans notre monde mais peut être ai je tout à fait tort. Ça soulève beaucoup de questions. Ta réflexion sur les périodes d’acquisition fait écho à mes propres interrogations. J’essaierai ultérieurement de développer mes questions si j’y arrive!

          1. En effet, laisser tomber l’argent ça serait la suite logique. Mais pareil… j’aimerais y croire, mais j’y crois pas trop. Sauf si un jour les capitalistes et autres fans de la croissance se disent que c’est un bon plan pour eux, mais j’en doute :-D.

          2. Ca me fait penser au principe du SEL. Quand j’étais ado, il y en avait prés de chez moi c’est « une association » où tu ne paie ce que tu as besoin uniquement sous forme d’échange de service. Il n’y a jamais d’argent par contre, si tu veux le bonnet de la mère bidule si tu sait couper du bois tu vas aller lui en faire… Les détails je ne m’en souviens plus par contre je me souviens qu’il me faisait l’impression de doux dingues. Oui oui c’est bien beau mais le monde de tout les jours si je vais chez mon kiné et que je le paie en kilos de patates je ne suis pas sûre qu’il accepte. Tiens j’ai trouvé ça qui en parle: http://seldefrance.communityforge.net/node/8http://seldefrance.communityforge.net/node/8

          3. Merci de me rappeler les SEL ! il faut que j’aille aux séances infos de ceux qui existent dans mon coin… Je pense que ça dépend beaucoup des gens qui mettent cela en pratique… (du côté de chez ma maman, c’est ambiance bourgeoise où on oublie un peu le principe de « chacun peut faire quelque chose à sa mesure »…)
            Si je me souviens bien, tu dois proposer des services qui ne sont pas ton métier – donc en effet, pour le kiné, c’est mort 😀

          4. Ça je ne le savais pas mais en connais tu la raison. C’est bizarre! Si ton métier est ta passion et ce que tu fais de mieux pourquoi ne pas en faire profiter d’autre?
            Pour le kiné je n’essaierai donc pas de me pointer avec de magnifique sculpture en origami (une passion /capacité que j’ai)!!

  5. Certains travailleurs ne sont également pas loin du seuil de pauvreté, heureusement que les conventions collectives défendent les droits des salariés pour éviter les contrats précaires (temps partiel, etc.)

    1. Il y a beaucoup de personnes qui côtoient de trop près ce seuil là.
      Ici j’ai parlé des personnes en situation de handicap mais on est de loin pas les seuls.
      Et je connaissais le problème puisque avant de devenir malade et handi j’ai été salarié.
      Après ce qui est difficile à vivre c’est que l’on ne PEUT pas travailler, cela ne relève pas d’un choix ni même d’une mauvais conjoncture sociale juste d’une fait objectif qui ne changera pas pour la plupart.

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