L’ennui et le paradoxe d’en vouloir toujours plus

Je peux dire aujourd’hui que je m’ennuie mais pourquoi et comment ?
J’ai regardé un peu le sens de ce mot sur internet: l’ennui.

L’ennui qu’est ce que c’est ?

Chez Larousse :ennui

  • Désagrément, contrariété passagère provoquées par une difficulté, un obstacle, un empêchement, etc. : Avoir des ennuis avec la justice.
  • Difficulté, chose ennuyeuse qui met dans l’embarras : Un ennui mécanique.
  • Lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produites par le désœuvrement, le manque d’intérêt, la monotonie (au singulier seulement) : À la campagne je meurs d’ennui.

Wikipédia l’aborde sous l’aspect philosophique ce qui est très intéressant mais peut prendre un certain temps à comprendre.

 

Celui en cause ici

lonely-555135_640C’est du dernier « la lassitude morale, l’impression de vide » dont je vais vous parler.
Pour être tout à fait honnête, je n’avais même pas réaliser le double sens de ce mot.

Et pourtant c’est vrai que m’ennuyer me met dans l’ennui (non pas possible!).
Cela m’embête, me contrarie, met un obstacle dans l’image de la vie parfaite que je me fais, que je dois avoir.

Après l’avoir lu plusieurs fois, j’ai trouvé que ce paragraphe de Wikipédia caractérisait assez bien ce que je ressentais : « l’individu s’ennuie lui-même et d’une partie de lui-même. […] L’individu sait pertinemment qu’il retrouvera la temporalité finalisée de ses activités quotidiennes mais il est pourtant submergé par une absence d’appétence dégénérative, voire un désespoir, qui le rapporte à sa propre temporalité vide. Ce ne sont pas tant les objets qui posent problème plutôt que moi-même confronté à une absence de fin et donc à une absence de signification : je ne suis alors plus rien d’autre que cette temporalité vide et insensée. »
Vous arrivez à me suivre?

 

La recherche de sens

Je ne m’ennuie pas parce que je n’ai rien à faire, je ne sais même pas ce que ça veut dire!pieces-of-the-puzzle-592798_640

« À partir du XVIIIe siècle nous revient une mission : nous réaliser. La course est lancée. » (Svendsen)
Peut-être que c’est cela.
Je (comme beaucoup) veux que ma vie est un sens, je veux m’épanouir, je veux être utile et peut être encore plus depuis que je suis malade.

Combien de fois j’ai entendue, « ça ne doit pas t’empêcher de vivre,tu es comme tout le monde, tu peux faire les mêmes choses… »
C’est vrai être malade n’est pas une fin en soi.
Ma maladie ne m’empêche pas de faire plein de choses même si elles sont différentes du fait de sa présence.

Mais du coup, je cours après le temps, après la réussite, j’en veux toujours plus
Je ne me permet rien, ne m’autorise pas le moindre moment de faiblesse comme si être la plus parfaite possible allait donner une justification à ma vie, un sens à la maladie.

 

Tout m’ennuie

Je me lasse très vite.
Je cours perpétuellement après quelque chose que je n’atteins pas.
J’aime quand ma vie change, quand je galère mais que ça change.

sens-a-sa-vie-1000x600Recommencer tout me donne l’illusion que cette fois je vais atteindre mon but et peut-être aussi que ça m’empêche de penser à l’avancée inéluctable de ce que je ne peux pas contrôler (ndlr: la sclérose en plaques).
Ces périodes sont cycliques chez moi.
Elles n’ont rien d’étonnant ni d’inquiétant.

Aujourd’hui je suis en plein dedans.
Je cherche un sens à ce que je fais, à tout ce que je fais.
Comme une enfant, ce que j’ai ne me suffit pas; pourtant je suis consciente que ce que j’ai est super mais ça ne me remplie plus.

Pour l’écriture, j’en suis là.
J’adore vous parler et pourtant ce que j’écris me semble sans intérêt.
Je me demande pourquoi je le fais, à quoi je sers.
Je sais que ce doute, cet ennui va passer, que je vais retrouver un énième souffle que ce soit pour ce blog ou pour ma vie.

 

 

Mais pour l’instant, je n’écrirais plus un article tous les lundis, je n’écrirais peut-être plus du tout.
Je vais prendre le temps de me retrouver et pas qu’en terme d’écriture, de retrouver l’enfant qui est en moi et qui aime regarder le ciel à travers les feuilles de son arbre et qui court de partout (avec ses roues) le sourire aux lèvres.

Petit cadeau (pour les plus courageux), voici ce que j’écoute pour faire taire le bruit de mes pensées:

15 commentaires sur “L’ennui et le paradoxe d’en vouloir toujours plus

  1. Laurent demande si tu as écouté le dernier album de Cult of luna qui est pour lui, l’album de l’année.
    Quand je vois des gens aimer aller travailler par peur de l’ennui, je me dis qu’on est tombé bien bas… Et si l’ennui était un luxe ?

    1. Mariner c’est ça? J’aime beaucoup cuLT OF LUNA ET JE CROIS EN AVOIR D2J0 ENTENDU DU DERNIER ALBUM oui.

      Ta réflexion est très intéressante. L’ennui est peut être le luxe de se retrouver face à soi même sans avoir peur et c’est certain que ce n’est pas si facile et que ce n’est pas tellement à la mode ces temps ci.

  2. Bonjour Circé,
    Je crois savoir exactement ce que tu ressens…
    Et je sais à quel point cela peux compliquer et rendre difficile la vie de tous les jours…
    Tes écrits et réflexions de chaque semaine, que je lis et relis, me font du bien.
    Je comprends que cela soit un peu lourd de garder ce rythme, mais n’arrete pas de nous donner de tes nouvelles, même qu’une fois de temps en temps.
    Je t’assure que dans ce domaine tu n’as rien « d’inutile ».
    J’espere que ton séjour à GR t’a apporté des choses positives et je serai vraiment heureuse de passer qq jours en même temps que toi en oct-nov.
    Avec mes pensées affectueuses, bisous.
    Annie

    1. Ton commentaire n’est pas égoïste et me fait plaisir.
      Ne t’inquiète pas, je ne vous abandonne pas et même si je suis moins régulière, je viendrais vous parler de temps en temps. Et merci de me dire que ce n’est pas inutile.

  3. Je crois que je viens de te passer un message un peu égoïste. En relisant, j’ai l’impression de ne penser qu’à moi !!!
    Re-bisous.

  4. Coucou Circé , quel dommage que tu arrêtes ce rdv du lundi! bien que je puisse le comprendre… C’était pour moi une façon de continuer.. à te connaître…articles toujours intéressants, authentiques, dynamiques!! Toi quoi!! Quant à l’ennui, il semblerait qu’il soit un passage obligé à certaines périodes de nos vies pour se construire encore et toujours.. ou pour faire une parenthèse propice à la contemplation, à la meditation… Pas toujours facile.. Plein de bises

    1. Je ne savais pas que vous me suiviez! Cela me fait très plaisir.
      Mais ne vous inquietez pas, je ne serais peut être pas aussi régulière mais je pense que le goût d’écrire va vite me chatouiller.

  5. Ah ça l’ennui… l’impression de n’en avoir jamais assez, cette hyperactivité de l’esprit qui ne me laisse pas de répit au corps. Et lorsque rien ne peut être accompli, ce vide abyssale qui nous envahi. En ce qui me concerne, j’étais déjà hyperactive avant l’accident. Mais maintenant, c’est comme si j’essayais de rattraper les 2 ans pendant lesquels ma vie a été mise entre parenthèses.Il FAUT que je fasse, que je prouve, que je bouge. Ça devient un besoin viscéral et parfois, un danger…

  6. Je te comprends car je suis cette éternelle insatisfaite qui s’ennuie souvent et beaucoup et c’est fatiguant… Comme toi, en quête de nouveau, de défi, de mieux, de plus vert, de plus, de plus, de différent, de plus, de plus… Bref…
    Je ne sais pas comment on n’arrête ça, je l’ignore mais au moins, ca nous tiens en vie, ça fait travailler l’esprit, l’imaginaire, ça nous fait rêver aussi parfois. Puis quand vient les moments où il se passe ces choses nouvelles, on en bave mais on vit, encore et encore…
    Je ne sais pas comment se satisfaire du nécessaire, c’est un de mes combats permanent moi aussi…
    Je l’aurai un jour, je l’aurai cette plénitude… Plus que 1 mois, parfois 2 si vraiment j’ai du bol…
    Je ne t’aide pas, si ce n’est à te sentir moins seule peut-être 🙂
    Bisous, ressource toi. A très vite!

  7. Bonjour, j’ai été très occupé ces dernières semaines, ayant décidé de me remettre sérieusement à la photo mais avec du matériel plus léger, donc j’ignore l’ennui depuis bientôt 2 ans que je suis rentré à domicile.
    Etant proche des 70 ans, je veux absolument profiter de chaque instant avant que mon handicap me rende à nouveau dépendant des autres, ce que je déteste.
    Il pleut en ce moment et j’en profite pour post traiter la cinquantaine de photos prises ce matin et, entre 2, je regardes les enchères pour un nouveau boitier, mes vieux objectifs se sentant orphelins depuis trop longtemps !
    Je ne suis pas un exemple mais je repense chaque matin aux longues heures d’ennui durant les 2 années d’hospitalisation et de réadaptation et l’hyper actif que je suis le vivait très mal, aussi je vous encourage à positiver, bien que je n’aime pas trop ce terme, et à continuer comme auparavant, ne serait ce que pour prouver que vous existez ?
    Bon courage et à bientôt au plaisir de vous lire…

    1. Mais justement je ne veux pas faire les choses pour prouver quoi que ce soit ni à moi ni aux autres. je veux pouvoir trouver un équilibre entre le faire à tout pris et le rien faire. Pour le moment, je fais une pause pour retrouver la motivation dans les choses qui me plaisent pour que surtout ça ne devienne pas une obligation mais reste un plaisir avant tout!

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