Mon histoire d’amour avec les corsets

Dans notre société on a beau dire que l’habit ne fait pas le moine, il y contribue!
Est-ce que chacun peut en toute bonne foi dire qu’il s’habille toujours de la manière et avec les formes et couleurs qui lui plaisent?
J’en doute et je ne fais pas exception.

 

A chacun ses habits

mines choquées
Zoé dans la série télé Newgirl

Il y a ce qu’on veut faire paraître de nous, les règles liées à un métier, une activité, les impératifs dû à notre morphologie, les tabous d’une religion ou de préceptes à mon goût un peu dépassé (un pantalon pour une fille, sacrilège!).
Ah que non s’habiller n’est pas si simple et si innocent que cela!

J’ai été une petite fille, puis une adolescente puis une jeune femme qui est passée par toutes sortes de styles plus ou moins en lien avec mes rebellions d’adolescente, mes rêves de princesse, ou mon côté casse cou.
Puis je suis devenue une jeune femme handicapée.

Ça a changé beaucoup de choses dans ma manière d’être mais aussi dans ma manière de me vêtir.
D’abord, il y a eu toutes les hontes, les peurs dû à ce nouveau corps que je ne comprenais pas vraiment et que j’appréciais encore moins.
Puis il y a eu tous ces regards, ces paroles à demi mots, ces mines choquées, ces questions indiscrètes.

 

Être soi

Pour moi mode et handicap n’allaient pas du tout ensemble et le seul habit qui m’aurait vraiment plu et celui de la femme invisible.

La femme invisible
Image tirée de « Les quatre fantastiques »

Du coup, pendant un temps, j’ai continué à m’habiller presque comme avant ou en tout cas à ne pas y réfléchir.
Puis peu à peu, je suis sorti de ma chrysalide et j’ai eu envie, juste envie d’être jolie, de me sentir jolie.

Oui mais à quel prix? Et qu’est ce que ça voulait vraiment dire?
Était-ce rentrer dans une norme, m’habiller comme il faut, cacher ce « sein que je ne saurais voir »?
Ou était-ce me sentir jolie mais être engoncé dans des habits qui me serraient le ventre, une jupe qui remontait sur mes cuisses, un décolleté ou les yeux se perdaient constamment?

En fait, je ne suis pas toute lisse et je ne m’habille pas tous les jours pareil.
Certain jour, ça ne me gêne pas d’avoir un beau décolleté ou une jupe assez courte puis d’autres jours, j’ai envie d’être juste bien dans mes fringues tout en continuant à me dire que je ne suis pas un boudin.

 

A chaque jour son look

Alors, je varie les plaisirs et mes goûts ont certes évolués mais se sont surtout affirmés.Publicité de corset en 1903
Mon petit plaisir à moi, qui n’est pas toujours des plus confortables, c’est le corset.

Serait-ce un gros mot? Une insulte aux femmes comme Coco Chanel qui se sont battues pour libérer le corps de la femme?
Je n’y pense pas quand je regarde, les yeux brillants, ces corsets de toutes les couleurs, ces formes qui me font rêver, ces fanfreluches des fois un peu osées ou juste originales.

Mais même sans être féministe ou très versée en histoire, on ne peut ignorer l’origine de cet objet.
A la base, c’est un sous-vêtement pour affiner la femme et remonter la poitrine.
Il est porté depuis le XVI ° siècle et a subi de nombreuses transformations au cours de l’histoire selon le corps féminin idéal qu’on imaginait, mais selon aussi certains aspects pratiques (les matériaux utilisés, les activités féminines…).
Puis il ne faut pas oublier aussi, l’aspect médical puisqu’il est aussi utilisé dans le cas de problèmes graves de dos et redevient alors une obligation.

 

La fin du corset

Mais baste, le corset est tombé en désuétude (sauf celui a but uniquement médical).
Et ce n’est pas un mal puisque il est passé d’obligation à objet de désir.

Aujourd’hui, il est vu comme un accessoire pour une soirée, un costume, un style revendiqué…
Il n’est plus obligatoire donc on a le droit de l’aimer!

Je n’en porterais pas tous les jours mais j’aime bien la silhouette qu’il me donne, et puis peut être aussi ce petit coté provocateur de la gentille fille en fauteuil qu’on a tendance à associer à fragilité et qui ne l’ai pas tant que ça.
Je ne le porte ni par obligation, ni par besoin juste parce que dedans je me sens belle et forte.
Puis ce n’est pas désagréable, je sens mon dos porté et aux dires de mon kinésithérapeute tant que ce n’est pas tous les jours (ce qui finirait par affaiblir les muscles de mon dos), il n’y a aucun risque pour la santé.

Si on voulait faire de la psychologie de bas étage, on pourrait sûrement analyser cette volonté de contraindre mon corps selon les principes que je lui impose, alors que la plupart du temps c’est lui qui m’impose ses règles.
Mais après tout quelle importance?

 

Mes préférés

Je vous l’ai dit, à chaque jour sa tenue.

Ici, je dirais plutôt à chaque humeur son corset!
Celui qui me donne un air de guerrière est un parfait remonte moral quand ma confiance en moi est en berne.
Avec lui, je me sens capable de conquérir le monde et de pourfendre quiconque voudrait m’en empêcher!

Il y a aussi celui où je me sens séduisante…et soyons honnête c’est agréable!

Puis il y a celui-ci porté par Alyson Vignolet (photo de Cyril Costechareyre) et que franchement j’irais bien chiper dans son placard.

Pour trouver le votre où juste regarder tous ce qui existe, je vous conseille ce site: Corset story.
Les prix sont corrects et la qualité bien là.

Moi et mon corset Corset story
mon corset et moi
Corset porté par Alyson Vignolet
Alyson et son/mon futur corset!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En mode plus sérieux mais sur le même thème: Le corset mode d’emploi.

Et pour tout ce qui concerne la mode et le handicap: coverdressing.

 

 

9 commentaires sur “Mon histoire d’amour avec les corsets

  1. Bonjour, j’adore la phrase très positive « Il y a aussi celui où je me sens séduisante…et soyons honnête c’est agréable!
    Je me souviens justement d’une belle femme de 45 ans victime d’un AVC et qui tentait de se déplacer d’une main avec son fauteuil presque aussi lourd qu’elle.
    Après de longues semaines, elle réussissait à marcher péniblement dans les couloirs du centre de réadaptation en appui sur la barre et, voyant que beaucoup de mâles la regardaient avec insistance, sa fille, moi et quelques autres compatissants lui avons redonné envie de se maquiller et de s’habiller moins triste, ce qui n’était pas aisé seule d’une main.
    Quel plaisir de la voir retrouver le sourire, sa fille également fière d’elle en l’accompagnant dans le parc sous le soleil.
    Je vous souhaite le même bonheur quelle que soit votre tenue…

  2. Il est bôôôôôôôô ton corset! J’adore, et il te va très bien!!! C’est le genre de vêtements que j’aime (mais que je n’oserai jamais porter!).

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